Yani Oukid : de l’ISEG à Directeur Commercial chez Accenture Song

Yani Oukid : de l’ISEG à Directeur Commercial chez Accenture Song

Passer d’un rêve de médecine à la direction commerciale d’une des plus grandes agences de communication au monde : le parcours de Yani Oukid illustre parfaitement la capacité d’une carrière à se transformer, s’affiner et se révéler avec le temps. Alumni ISEG, il est aujourd’hui Business Director chez Accenture Song, où il pilote notamment la communication globale de la marque Peugeot.

Son parcours raconte une chose essentielle : on ne naît pas publicitaire, on le devient en expérimentant.

D’un bac scientifique à la découverte des écoles de marketing et communication

Au lycée, Yani se destine à la médecine. Un stage de troisième chez un médecin généraliste lui fait rapidement comprendre que le sang et lui ne sont pas faits pour cohabiter. Il poursuit néanmoins un bac scientifique, sans encore savoir précisément vers quel métier se tourner.

C’est lors d’un salon étudiant qu’il découvre les écoles de marketing et communication. Parmi elles, l’ISEG se distingue par son ambiance qu’il perçoit comme plus humaine, moins compétitive, plus collaborative. Il évoque un esprit “familial”, une proximité avec les étudiants et les équipes pédagogiques, une vie associative forte et fédératrice. Le choix devient évident.

Une immersion totale dans la vie associative

Dès son arrivée, Yani s’implique intensément dans la vie de l’école. Il rejoint une association photo, devient vice-président du Bureau des Sports, puis trésorier du Bureau des Élèves. Ces expériences dépassent largement le cadre festif : il apprend à gérer un budget, coordonner une équipe, respecter des deadlines, identifier les compétences de chacun.

Cette immersion constitue son premier apprentissage du management. À petite échelle, mais avec de vraies responsabilités, il expérimente la gestion de projet et le leadership. Des compétences qu’il mobilise encore aujourd’hui.

L’international comme moteur

Attiré par le voyage et la découverte culturelle, Yani profite pleinement des opportunités d’échanges proposées par l’école. Il part à Dublin, effectue un échange à Buenos Aires pendant sept mois et termine son cursus à New York.

Ces expériences internationales développent chez lui une compréhension fine des différences culturelles, un atout déterminant dans les métiers de la communication. Dans la publicité, une idée ne fonctionne jamais de manière universelle. Adapter un message à une culture, une législation, un contexte économique est un enjeu stratégique majeur.

Des stages pour explorer, pas pour confirmer

Son parcours de stages reflète une volonté de tester différents univers. Il débute comme manager au Parc Astérix, à seulement vingt ans, où il encadre une équipe de soixante personnes. Il découvre la gestion opérationnelle de terrain, la relation client et le management en conditions réelles. Il enchaîne avec un stage commercial à Dublin, puis une expérience en agence événementielle en Argentine. À ce stade, il ne se destine toujours pas à la publicité.

C’est lors d’un stage au service communication de Société Générale que tout bascule. Il découvre le fonctionnement des agences, la production de films publicitaires, le travail stratégique derrière les campagnes. Son maître de stage lui donne un conseil déterminant : s’il veut vraiment comprendre la publicité, il doit aller en agence.

La révélation en agence : La Chose puis Marcel

Yani rejoint alors l’agence indépendante La Chose. Il y apprend les fondamentaux du métier au contact direct des fondateurs. Il travaille pour Škoda, Kronenbourg ou encore Fortuneo. Il découvre la richesse créative du secteur et confirme son attrait pour la stratégie de communication.

Après deux ans, il rejoint Marcel, agence du groupe Publicis. Le changement d’échelle est important. Il passe d’une structure d’une cinquantaine de personnes à un mastodonte de plus de deux cents collaborateurs. Chez Marcel, il travaille sur des campagnes internationales dans l’automobile, puis prend en charge des marques challengers comme Back Market et Heetch. Ces expériences lui permettent d’allier rigueur stratégique et audace créative.

Des campagnes primées à Cannes Lions

Avec Back Market, il participe à des campagnes audacieuses visant à challenger frontalement Apple. L’une d’elles détourne la fonctionnalité AirDrop devant des Apple Store pour promouvoir le reconditionné. Une autre, pour Heetch, détourne le service de livraison d’Uber pour insérer des messages dans des commandes. Ces campagnes, à la frontière du risque juridique mais maîtrisées stratégiquement, remportent deux Lions au Cannes Lions International Festival of Creativity. Pour Yani, monter sur scène à Cannes représente un moment fort, non pas pour la récompense individuelle, mais pour la reconnaissance d’un travail d’équipe.

Accenture Song : piloter la communication globale de Peugeot

Aujourd’hui Business Director chez Accenture Song, Yani pilote les campagnes globales de Peugeot. Son rôle consiste à orchestrer les équipes commerciales, créatives et stratégiques, tout en étant le partenaire direct du client. Il supervise les lancements de nouveaux véhicules, les campagnes de marque et les réflexions stratégiques à long terme. Son métier est devenu un équilibre entre gestion d’équipe, vision stratégique et compréhension fine des enjeux business internationaux.

L’intelligence artificielle : copilote, pas remplaçant

Dans un groupe comme Accenture, l’intelligence artificielle est déjà intégrée au quotidien. Yani l’utilise pour analyser de la data, générer des synthèses ou prototyper des idées. Mais il insiste sur un point : l’IA doit rester un outil d’optimisation, pas un substitut à la créativité humaine. Dans la publicité, l’émotion, l’insight culturel et la compréhension des comportements restent profondément humains.

La curiosité comme compétence clé

Pour rester pertinent, Yani consacre du temps à la veille. Réseaux sociaux, tendances culturelles, discussions entendues dans les transports, actualité économique et politique : tout peut devenir un insight exploitable. Il considère la curiosité comme une discipline quotidienne, presque un entraînement. Selon lui, une bonne idée n’est jamais totalement inventée. Elle est souvent la recomposition intelligente d’éléments observés ailleurs.

Le conseil aux étudiants : tester sans se limiter

Son message aux étudiants est clair : ne pas se fixer de limites. Utiliser les années d’école pour expérimenter, voyager, s’impliquer, construire un réseau. Chaque stage, chaque projet associatif est une opportunité d’apprentissage.

Il ne connaissait pas le métier qu’il exerce aujourd’hui lorsqu’il était étudiant. Pourtant, en multipliant les expériences, il a progressivement identifié ce qui le stimulait intellectuellement et humainement.

À la question “As-tu changé ?”, il répond qu’il est devenu une meilleure version de lui-même. Une évolution nourrie par l’expérience, le collectif et la capacité à saisir les opportunités.

Pour découvrir son interview en entier ⬇️

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