Passer d’un village de 300 habitants à la direction marketing d’une marque mondiale comme Tinder n’est pas une trajectoire toute tracée. C’est pourtant celle d’Anne-Sophie Adésir, alumni ISEG, aujourd’hui Senior Marketing Manager France & Benelux. Son parcours incarne une conviction forte : une carrière en marketing se construit moins par révélation soudaine que par exploration progressive, intuition et expériences concrètes.
Trouver sa voie dans le marketing et les industries créatives
Originaire de Bar-le-Duc, Anne-Sophie suit un bac scientifique sans idée précise du métier qu’elle exercera. Ce qu’elle sait en revanche, c’est qu’elle veut évoluer dans une grande ville, dans un environnement stimulant, et travailler dans des univers créatifs. Très tôt, elle ressent une attirance pour la mode, la beauté et l’image de marque, sans encore mettre un nom sur le métier qu’elle vise.
Son choix d’école répond à cette volonté d’exploration. La formation de l’ISEG lui permet de toucher à toutes les dimensions du marketing et de la communication. Rapidement, elle identifie un intérêt particulier pour les sujets de communication et de stratégie de marque, notamment lorsqu’ils s’inscrivent dans des industries créatives. Elle comprend également que la dimension internationale sera essentielle dans son parcours.
L’expérience terrain comme accélérateur de carrière
Tout au long de ses études, Anne-Sophie multiplie les stages. Elle découvre la beauté chez Sephora, part en Inde pour une expérience dans l’aéronautique avant de compléter par un stage dans la mode à New Delhi, explore l’univers de la presse chez Lagardère et rejoint finalement Brandalley. Cette dernière expérience joue un rôle décisif : elle y gère des projets de A à Z, gagne en autonomie et confirme son intérêt pour le marketing dans les industries créatives.
Convaincue de vouloir approfondir cette spécialisation, elle complète son parcours à l’ISEG par une formation à l’Institut Français de la Mode afin de se concentrer sur le management de la création. Cette double compétence, généraliste et spécialisée, deviendra un atout majeur dans sa carrière.
H&M : comprendre le marketing global et local
Anne-Sophie rejoint ensuite H&M, où elle restera six ans entre Paris et Londres. Elle y pratique le marketing à 360 degrés, participe à l’ouverture de magasins en France, construit des stratégies média locales ciblées et pilote le lancement du programme de fidélité sur le marché français, qui atteindra un million d’abonnés en un an. Elle découvre également la complexité d’un marketing à la fois international et hyper localisé, où il faut adapter un narratif global aux réalités culturelles et économiques d’un territoire précis.
Son évolution la conduit à Londres, où elle prend en charge la stratégie des collections femme pour le Royaume-Uni et l’Irlande. Cette expérience internationale lui apporte une vision plus stratégique du business et renforce sa capacité à travailler dans des environnements multiculturels.
Zalando : première expérience managériale à Berlin
Elle poursuit son parcours chez Zalando à Berlin. Pendant trois ans, elle franchit une étape clé en devenant manager. Elle dirige une équipe et gère un marché entier, passant d’une logique de gestion de projets à une responsabilité business globale. Cette période marque un tournant dans sa carrière : elle ne pilote plus seulement des campagnes, mais des enjeux stratégiques complets.
Tinder : marketing, culture et impact sociétal
Un cabinet de recrutement la contacte ensuite pour rejoindre Tinder. Le projet fait immédiatement sens. Au-delà de la dimension business, elle perçoit l’impact sociétal d’une marque qui accompagne les premières relations d’une génération dont plus de la moitié des utilisateurs ont entre 18 et 25 ans.
Aujourd’hui, elle définit la narration de la marque sur le territoire français et Benelux. Son rôle consiste à adapter la stratégie globale américaine aux spécificités culturelles locales, à identifier les moments clés de société et à collaborer avec des partenaires capables d’incarner la marque.
Parmi les campagnes qui l’ont particulièrement marquée figure “Love Louder”, menée en collaboration avec la créatrice Jeanne Friot et l’association SOS Homophobie. L’objectif était de porter un message d’espoir pendant la Pride à travers un média universel : le vêtement. Une partie des fonds a été reversée à une association, et la campagne a ensuite été reprise à l’international. Pour Anne-Sophie, c’est la preuve qu’une initiative locale peut devenir globale lorsqu’elle est pertinente culturellement.
LEs métiers du marketing en constante évolution
Le marketing qu’exerce Anne-Sophie aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a dix ans. Les réseaux sociaux, la culture digitale, l’accélération des tendances et la dimension sociétale des marques ont profondément transformé le métier. Pour rester inspirée, elle s’immerge dans des univers variés : sport, musique, culture pop. Comprendre les comportements et les codes culturels est devenu une compétence centrale pour raconter des histoires pertinentes.
Elle insiste sur l’importance d’écouter les “signaux faibles” plutôt que d’attendre une révélation spectaculaire. Selon elle, une carrière se construit par ajustements successifs, en observant ce qui nous attire réellement, les environnements dans lesquels on s’épanouit et les valeurs qui résonnent.
Une alumni engagée auprès des étudiants
Anne-Sophie est revenue partager son expérience auprès des étudiants lors d’une conférence à Bordeaux. Son parcours illustre la capacité d’un étudiant en école de commerce à évoluer vers des postes stratégiques internationaux dans le marketing et la communication.
À la question “As-tu changé ?”, elle répond sans hésiter : oui, et heureusement. De l’étudiante timide à la responsable marketing internationale, son évolution montre qu’une carrière réussie n’est pas une ligne droite mais une succession d’expériences, de choix assumés et d’opportunités saisies.
Pour celles et ceux qui envisagent une carrière en marketing digital, en stratégie de marque ou dans les industries créatives, son parcours est une démonstration concrète : la curiosité, l’international et l’expérience terrain restent les meilleurs accélérateurs.
Retrouvez son interview en intégralité dans le cadre du podcast des Alumni de l’ISEG ci-dessous.






