Nos étudiants ont du talent ! Dimitri Breux, étudiant en 3e année est passionné de cyclisme!

Comment vous est venue la passion du cyclisme ?

Plus jeune, j'ai eu diverses passions, plus ou moins éphémères. Mon père, cycliste depuis toujours, m'a initié à sa passion très tôt. On a commencé par aller chercher le pain à vélo les weekends et je me suis rapidement retrouvé à faire mes premières compétitions sur la route et à VTT. Il y a tant de sensations qui se mélangent qu'il m'est difficile de décrire mes ressentis. Chaque instant passé sur un vélo est différent et unique. Ce que j'aime dans ce sport, c'est que la monotonie n'existe pas. Il y a différents terrains, routes et chemins à aborder sur un vélo, c'est une constante source d'aventure. Cela permet de s'évader du quotidien et de se libérer l'esprit.

Qu'est-ce que votre passion vous apporte dans la vie ?

Le cyclisme m'a énormément apporté et continue de le faire. La compétition m'a appris à me dépasser et à repousser mes limites. N'étant pas le plus fort physiquement, j'ai développé d'autres qualités qui m'ont permis de pallier ce désavantage. Parmi celles-ci, ma détermination et ma rigueur sont des aptitudes que je dois au cyclisme. Par ce sport, j'ai rapidement pris conscience qu'il y a des « surdoués » avec d'excellentes qualités intrinsèques et les autres, qui constituent la majorité. Vous comprenez alors qu'il vous faut travailler deux fois plus pour faire partie des meilleurs. C'est une réalité qui s'applique aussi dans le milieu professionnel.

Aussi, le cyclisme bien qu'un sport individuel, m'a permis d'évoluer au sein d'une équipe et de fédérer un esprit collectif. J'apprécie depuis le travail en équipe car chaque individu est doté de différentes compétences et qualités. Un projet collectif avec un but commun fait ressortir les qualités de chacun et permet à tous de se dépasser et de rendre l'équipe meilleure.

Retrouvez plus d'informations sur mon site personnel dans lequel j'explique que le cyclisme à contribuer en partie à mon projet professionnel.

C'est difficile de concilier études et passion ?

C'est vrai que ce n'a pas été toujours facile de concilier ma passion et mes études. Le cyclisme sur route est principalement un sport d'endurance qui requiert du temps. Au fil des années, mes entrainements se sont intensifiés allant de 10 à 15 heures par semaine. Malgré la fatigue qui se faisait parfois ressentir, j'ai toujours mené de front les études et le vélo. C'était pour moi un équilibre de vie. Mon implication en cours et sur le vélo était la même.
Mes études et mon avenir professionnel étant mon objectif premier, j'ai pris la décision de consacrer moins de temps à ma passion durant ma deuxième année de DUT. Il était essentiel pour moi de préparer au mieux mon avenir professionnel.

Quelles qualités requiert votre passion ?

Je pense que comme dans tout sport, un cycliste se doit d'être humble et intègre. Il est important de respecter ses adversaires en compétition et en dehors. Le cyclisme sur route est également un sport tactique, le plus fort ne gagne pas toujours. Il faut donc être malin, faire les efforts au bon moment et avoir un gros mental.

Quelle est la meilleure opportunité que vous avez eue ?

Ce sport m'a permis de m'épanouir de différentes façons. J'ai côtoyé des personnes passionnées qui m'ont fait évoluer à travers différentes structures et qui ont su m'accompagner. J'ai également rencontré des personnes formidables avec lesquels j'ai partagé de nombreux moments et de kilomètres sur le vélo.

Parmi ces divers instants d'émotions et d'opportunités que m'ont offert le cyclisme, j'ai 4 moments en tête qui me marquent.

Ma première course nationale avec le comité du Limousin

Le 23 mars 2014, j'ai obtenu ma première sélection avec l'équipe du Limousin pour participer à La Ronde du Printemps, course nationale située en Bretagne. La Bretagne étant la terre du cyclisme, la plupart des coureurs prometteurs de ma génération étaient réunis et j'avais à cœur de vivre cette course pleinement. La pluie se faisait menaçante et le vent était relativement important. Alors que tout le monde voulait se replacer en tête de peloton, une grosse chute est survenue en début de course et le peloton s'est retrouvé scindé en deux parties. Une quinzaine de coureurs avaient pris les devants suite à cet incident. J'ai réussi à me replacer à l'avant et à me mettre à l'abri du vent avant la première difficulté. Lors de cette montée, alors que l'allure était soutenue, je me sentais étonnamment à l'aise. En haut de la bosse, des coureurs sont sortis du peloton et j'en ai profité également pour m'extraire en compagnie de Damien Touzé (Professionnel désormais chez Auber HTP 93). Je me suis retourné et j'ai vu les autres dernières coincer ; l'écart était fait. J'étais tellement heureux de me retrouver à l'avant avec les meilleurs nationaux ; je n'en revenais pas. On s'est retrouvé à une quinzaine à rouler à bloc pour revenir sur les coureurs de devant. Au fil de la course, le rythme était toujours soutenu et à chaque relais passé, mon sourire s'estompait. Les jambes commençaient à se faire lourdes au fil des kilomètres. Mon manque d'entrainement et les difficultés du circuit final ont eu raison de ma persévérance et ont montré à mon corps ses limites. La course étant très éprouvante, beaucoup de coureurs ont abandonné et sur les 200 partants, seuls 58 ont été classés. Retrouvez le classement de la course ici.

Ce jour-là m'a forcément marqué. J'ai découvert le cyclisme à haut niveau et j'ai été acteurs de la course à ma façon, ne la subissant pas. J'ai pris énormément de plaisir car outre le résultat, j'ai repoussé mes limites et fini les 119 kilomètres de course (distance que je ne n'avais jamais réalisée à l'entrainement) à près de 40 km/h de moyenne.

Ma participation au championnat de France

J'ai eu la chance de participer en à mes premiers championnats de France situés à Saint Omer (Nord pas de Calais) en aout 2014. Cette sélection représentait pour moi la consécration d'un travail effectué tout au long de l'année. Je me suis durement préparé pour ce rendez-vous des semaines durant multipliant les intensités lors de mes entrainements. Il faut dire que la course ne s'est pas déroulée de la meilleure des façons. Je me suis retrouvé dans une chute collective dès les premiers kilomètres (ce qui arrive fréquemment pendant les championnats de France) et je n'étais pas dans un très grand jour. Ce qui m'a marqué en revanche, c'est de voir mon père un peu avant le départ de la course. Il avait parcouru près de 700 kilomètres pour m'encourager, j'étais fou de joie de sa présence. Malheureusement, j'ai un peu subi la course pendant ces championnats de France. Il me donnait la force de m'accrocher chaque tour et ce fut une expérience riche en émotions.

La participation au Tour d'Allemagne et au Tour Autriche, courses internationales juniors

C'est la meilleure opportunité que le cyclisme m'ait offerte. Au vu de nos bons résultats et grâce à notre sélectionneur François Trarieux (actuel sélectionneur de l'équipe de France de cyclo-cross), notre candidature a été retenu. J'ai donc eu avec mes coéquipiers, la chance de représenter mon pays lors de l'Oberösterreich Juniorenrundfahrt en Autriche du 18 au 20 juillet et lors de l'Internationale Niedersachsen-Rundfahrt der Junioren du 25 au 27.

Je n'ai pas la prétention de dire que j'avais le niveau pour courir à l'international, ce serait prétentieux de ma part de prétendre le contraire. Parmi l'équipe, nous étions trois à pouvoir prétendre à de bons résultats. Le cyclisme étant avant tout un sport d'équipe, mon rôle était de protéger mes leaders afin de retirer le meilleur résultat pour l'équipe. Il n'était pas question pour nous de faire de la figuration. Nous avons rapidement pris conscience qu'il ne fallait pas avoir de complexe d'infériorité envers les différentes nations présentes. Je me rappelle chaque moment de la première étape en Autriche forcément. Ce type de courses fut très différent de toutes les autres et marquent les esprits. L'adrénaline d'un tel évènement m'avait permis de vaincre ma peur présente avant le départ et les premiers kilomètres furent intenses. Les cris fusaient dans différentes langues, le peloton était très animé et la pression se faisait doublement sentir. Personne ne pouvait sortir du peloton tellement le rythme était soutenu. J'ai le souvenir d'avoir basculé au terme de la dernière difficulté avec le champion de Belgique, c'était incroyable. C'est une des rares étapes ou j'ai pu finir au sein du peloton à près de 42 km/h de moyenne, c'était une victoire personnelle. Retrouvez mes résultats lors de ces deux épreuves ici.

Mon stage en Espagne

Enfin, j'ai eu l'occasion d'effectuer un stage d'une semaine en Espagne avec mon club de l'UC Brive lors des vacances de février 2017. À répéter les enchaînements répétitifs depuis de nombreuses années, le plaisir de pratiquer ma passion s'était atténué. J'ai retrouvé une manière tout autre de pratiquer le vélo, plus accès sur la bonne humeur que dans la recherche de performance. J'ai pris un réel plaisir à rouler là-bas avec les copains où la bonne humeur était présence du début à la fin.

Qu'aimeriez-vous dire à ceux qui ne pratiquent pas ou ne connaissent pas le cyclisme ?

Pour ceux qui n'ont pas la chance de pratiquer cette passion, je vous invite à vous rendre sur le site de le Fédération Française de cyclisme. Vous y retrouvez l'ensemble des disciplines du vélo dont la route, la piste, le cyclo-cross, le VTT et le BMX. Pour avoir pratiqué l'ensemble des disciplines hormis le BMX, chacune d'entre elles procure des sensations différentes et requière des capacités spécifiques. Il vous est possible d'assister gratuitement à l'une de ces disciples près de chez vous. Libre à vous par la suite de vous mettre en selle. Mais attention, vous pourriez comme moi attraper le virus du cyclisme, du gout de l'effort et du dépassement de soi !

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